Le dialogue entre un pont millénaire et une passerelle du XXIe siècle
Conservation / Restauration
DESCRIPTION DU PROJET
Inscrite en 2010, la Cité épiscopale d’Albi s’organise autour de deux architectures monumentales, la cathédrale Sainte-Cécile et le palais de la Berbie qui traduisent dans le paysage urbain le double pouvoir spirituel et temporel des évêques.
Son inscription repose sur l’usage universel de la brique et la structuration urbaine, en référence à ces architectures de pouvoir, mais aussi sur l’authenticité et l’intégrité d’un continuum urbain qui, depuis des siècles, se développe autour de ces monuments emblématiques. Dans ce paysage, le franchissement du Tarn
constitue un fil conducteur de l’histoire urbaine : la ville est née de la présence d’un gué à l’âge du bronze, se structure grâce au Pont-Vieux au Moyen Âge, se transforme au XIXe siècle avec la construction du viaduc ferroviaire et du Pont-Neuf.
Aujourd’hui, une nouvelle strate contemporaine s’ajoute avec la réalisation d’une passerelle piétonne et cyclable en encorbellement sur le viaduc. Conçue dans une esthétique épurée, elle illustre une intervention respectueuse et exemplaire : continuité urbaine, fluidité des mobilités, mise en valeur du site et cohérence avec les valeurs du Bien. Issue d’une démarche de concertation dès 2006, confirmée par le plan de gestion de 2009, la passerelle reflète les enjeux de la ville du XXIe siècle : mobilité douce, articulation avec le schéma de mobilités urbaines à une échelle plus grande, réduction des nuisances, accessibilité renforcée. Elle incarne l’idée que le patrimoine est vivant, conjugué au présent pour répondre aux enjeux d’avenir. En miroir, la restauration du Pont-Vieux rappelle la permanence et la valeur historique du franchissement de la
rivière. Édifié au XIe siècle, élargi au XIIIe, doté de péages et de maisons sur ses piles jusqu’au XVIIIe, il fut un axe vital pour l’économie albigeoise. Il est l’un des attributs du Bien, un élément fort du paysage, témoin de l’évolution des techniques (pierre, puis brique), symbole des échanges et du lien entre la cité et ses faubourgs. Sa restauration illustre l’équilibre subtil entre respect des états antérieurs et adaptation aux usages contemporains, avec des solutions innovantes de conservation.
Ces deux réalisations, inscrites en 2009 dans le plan de gestion, viennent toutes deux d’être inaugurées. Elles démontrent ce que peut être un dialogue réussi entre patrimoine et contemporain et traduisent une conviction : protéger un site inscrit, ce n’est pas le figer, mais accompagner son évolution en prenant appui sur ses valeurs fondamentales.
MAÎTRISE D’OUVRAGE / PARTENAIRES
Communauté d’Agglomération de l’Albigeois / Ville d’Albi / Partenaires techniques / expertise d’accompagnement SNCF Réseau (passerelle) / État (DRAC).
OBJECTIFS
La passerelle devait renforcer l’accessibilité et les mobilités douces ; le Pont-Vieux, préserver son authenticité et sa valeur d’usage. Deux projets complémentaires, porteurs d’un même objectif : faire dialoguer patrimoine et contemporain.
RÉSULTATS ATTENDUS / ATTEINTS
La passerelle piétonne et cyclable a renforcé l’accessibilité et la mobilité douce, tout en s’inscrivant avec discrétion dans le paysage patrimonial. La restauration du Pont-Vieux a permis de préserver l’authenticité et l’intégrité de l’un des plus anciens ponts médiévaux encore en usage, en conciliant conservation et adaptation.
ÉLÉMENTS BUDGÉTAIRES
- Passerelle : 11,1 M € HT ; Aménagements urbains associés : 3,2 M €/ Financement : communauté d’agglomération de l’Albigeois, État, région, département.
- Restauration Pont-Vieux : 4 M € HT/Financement : Ville d’Albi, FEDER, État, département, région.
ÉLÉMENTS DE CALENDRIER
- Passerelle : 2011 : études techniques de faisabilité, 2014 : projet lauréat du concours architectural
(agence Ney&Partners), 2017-2025 : travaux. - Pont-vieux : 2019 : lancement des études préalables, 2023 : démarrage des travaux, 2025 : fin des travaux
POINTS DE VIGILANCE / ÉLÉMENTS CLÉS
Un suivi patrimonial renforcé a été mis en oeuvre : présentation en comité de bien, passages répétés en Commission nationale des secteurs sauvegardés (pour la passerelle), échanges avec l’ICOMOS et informations régulières au ministère de la Culture.
Ce dispositif exigeant, souvent au-delà du cadre réglementaire, a permis de garantir l’intégration harmonieuse des réalisations dans le respect de l’authenticité et de l’intégrité du bien.
POUR EN SAVOIR PLUS
Marie-Eve Cortés
marie-eve.cortes@mairie-albi.fr
https://albi.fr/grands-projets/restauration-pont-vieux-ruerinaldi
https://www.grand-albigeois.fr/projet/passerellepietonne-et-cyclable/
Intégration d’une analyse paysagère au plan de gestion du bien
Création d’un atlas archéologique en ligne